{"id":19358,"date":"2020-07-28T08:23:26","date_gmt":"2020-07-28T08:23:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.mikehorn.com\/?p=19358"},"modified":"2020-08-25T14:11:59","modified_gmt":"2020-08-25T14:11:59","slug":"arrivee-en-islande-anniversaire-de-paps-14-16-juillet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mikehorn.com\/en\/arrivee-en-islande-anniversaire-de-paps-14-16-juillet\/","title":{"rendered":"Arriv\u00e9e en Islande &#038; Anniversaire de Paps 14 &#8211; 16 juillet"},"content":{"rendered":"<p><strong>Blog 3 &#8211; Arriv\u00e9e en Islande &amp; Anniversaire de Paps 14 &#8211; 16 juillet<\/strong><\/p>\n<p>Aux premi\u00e8res heures du 14 juillet, nous avons finalement aper\u00e7u l&#8217;Islande au loin. Nous avions alors navigu\u00e9 pendant 4 jours d&#8217;affil\u00e9e depuis notre d\u00e9part du sud de l&#8217;Irlande. Je sais ce que vous pensez&#8230; 4 jours, \u00e7a ne semble pas tr\u00e8s long, mais si je peux me permettre, laissez-moi essayer de vous brosser un tableau de ce que ces 4 jours ont \u00e9t\u00e9 pour nous, marins amateurs :<\/p>\n<p>Vous vous retrouvez dans une petite capsule en aluminium, qui oscille sans cesse de haut en bas, de gauche \u00e0 droite, voyageant \u00e0 travers l&#8217;espace et le temps. Si vous avez de la chance (ou si vous vous appelez Mike Horn ou Bernard Stamm), le balancement et le roulement ne vous atteignent pas&#8230; mais pour tous les autres \u00eatres humains normaux, le mouvement constant commence tr\u00e8s vite \u00e0 prendre le contr\u00f4le.\u2028\u2028Vous venez \u00e0 peine de quitter le monde de la stabilit\u00e9, mais vous commencez d\u00e9j\u00e0 \u00e0 vous sentir somnolent. Tr\u00e8s vite, vous perdez la notion du temps et vous luttez pour ne pas manger trop (m\u00eame si c&#8217;est d\u00e9licieux). Alors, vous optez pour cette position horizontale et essayez de distraire votre esprit. Soudain, m\u00eame les actes les plus simples se transforment en efforts de d\u00e9placement en montagne. Alors, vous fermez les yeux et \u00e9coutez le rugissement continu des moteurs&#8230; vous le sentez aussi, tremblant sous et autour de vous. (Les voiles sont g\u00e9n\u00e9ralement sorties, mais dans des conditions difficiles ou par vent l\u00e9ger, nous utilisons les moteurs pour nous aider \u00e0 prendre de l&#8217;\u00e9lan). Le rugissement est fort, plus fort que le son que vous imaginez en ce moment. Ajoutez \u00e0 cela le chant aigu des murs et du plancher en bois, qui se tordent et se plient sous la pression du blindage en aluminium du navire qui se balance. Heureusement, vous n&#8217;\u00eates pas seul&#8230; 9 autres compagnons se joignent \u00e0 vous pour la balade, une bonne nouvelle, non ? Mais en r\u00e9alit\u00e9, d\u00e8s que vous quittez la terre ferme, chacun commence \u00e0 s&#8217;occuper de ses affaires, et les \u00e9changes amicaux se transforment rapidement en grognements et en haussements d&#8217;\u00e9paules.<\/p>\n<p>Le seul endroit o\u00f9 l&#8217;on pourrait dire que &#8220;l&#8217;action r\u00e9elle&#8221; a lieu, c&#8217;est dans la maison pilote. C&#8217;est l\u00e0 que le capitaine Bernard trace notre itin\u00e9raire en fonction des d\u00e9sirs d&#8217;aventure de Paps ; et chacun \u00e0 son tour, nous, marins amateurs, jouons notre petit r\u00f4le en veillant \u00e0 ce que le bateau reste sur sa trajectoire, et en toute s\u00e9curit\u00e9. En fait, \u00e0 bien y penser, une bonne partie de l&#8217;action se d\u00e9roule \u00e9galement dans la cuisine, surtout avant les heures de repas. C&#8217;est g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 ce moment que vous trouverez Laure dans sa l\u00e9gendaire tenue de cuisini\u00e8re, s&#8217;accrochant \u00e0 tout ce qu&#8217;elle peut saisir d&#8217;une main et remuant le contenu bouillant d&#8217;une marmite familiale sur le feu de l&#8217;autre&#8230; la soupe de l\u00e9gumes ou le poulet au curry s&#8217;\u00e9claboussant au rythme des vagues sur la citation &#8220;Sophistiqu\u00e9, s\u00e9duisant, complexe et cors\u00e9 (et le vin n&#8217;est pas mauvais non plus)&#8221; qui orne son tablier.<\/p>\n<p>Mais aussi chaotique et d\u00e9sagr\u00e9able que puisse para\u00eetre la description ci-dessus, des voyages comme celui-ci vous marquent. Ils vous rappellent que vous \u00eates humain, que vous \u00eates petit face \u00e0 la nature et que vous avez encore beaucoup \u00e0 apprendre sur le monde, mais surtout sur vous-m\u00eame.<\/p>\n<p>Notre arriv\u00e9e en Islande \u00e9tait particuli\u00e8re&#8230; Je suppose qu&#8217;une partie de moi s&#8217;attendait \u00e0 \u00eatre d\u00e9concert\u00e9e d\u00e8s la premi\u00e8re observation de la terre, comme je l&#8217;\u00e9tais lorsque nous avons navigu\u00e9 en Irlande.<\/p>\n<p>Mais non, loin de l\u00e0&#8230;<\/p>\n<p>L&#8217;Islande est comme un homme fatigu\u00e9 de la nature, le genre qui vit dans la solitude dans une cabane dans les bois&#8230; lointain et froid au premier abord, le genre que vous ne voulez pas d\u00e9ranger. C&#8217;est difficile \u00e0 d\u00e9crire, mais j&#8217;avais le sentiment que cette \u00e2me nordique fatigu\u00e9e \u00e9tait une terre qui voulait \u00eatre abord\u00e9e et d\u00e9couverte avec soin et respect. Un air d&#8217;hostilit\u00e9 se d\u00e9gageait des nuages bas suspendus et des \u00e9clats de roche volcanique sombre, mais quelque chose me disait que ce n&#8217;\u00e9tait qu&#8217;une fa\u00e7ade&#8230; ou peut-\u00eatre un avertissement destin\u00e9 au visiteur qui arrivait. Pr\u00e9parez-vous \u00e0 ce que j&#8217;ai \u00e0 vous offrir, je pouvais presque entendre les paysages murmurer&#8230;<\/p>\n<p>Quelques-uns d&#8217;entre nous sont sortis sur le pont pour d\u00e9couvrir ce nouvel environnement \u00e9tranger. Nous avancions en silence ; je pouvais dire que je n&#8217;\u00e9tais pas le seul \u00e0 tenter de d\u00e9chiffrer l&#8217;enchev\u00eatrement des premi\u00e8res impressions que nous avions re\u00e7ues. Il \u00e9tait clair que l&#8217;Islande allait avoir le premier mot&#8230; et elle parlait dans le sifflement des oiseaux. Des centaines d&#8217;entre eux volaient au-dessus et autour de nous, et \u00e0 perte de vue.<\/p>\n<p>D&#8217;apr\u00e8s la carte, nous \u00e9tions arriv\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9 de la petite ville de H\u00f6fn, situ\u00e9e au sud. Nous \u00e9tions bien trop loin pour apercevoir des maisons, mais on pouvait apercevoir au loin de grands b\u00e2timents industriels blancs&#8230; des usines de transformation de la p\u00eache, apparemment. Un homme qui parlait un anglais parfait avec un fort accent nous a accueillis \u00e0 la radio et nous a demand\u00e9 plus d&#8217;informations. Notre plan \u00e9tait de nous mettre \u00e0 l&#8217;abri pendant quelques jours et d&#8217;attendre la prochaine temp\u00eate avant de nous rendre au Groenland. Ce \u00e0 quoi la voix a r\u00e9pondu : &#8220;N&#8217;h\u00e9sitez pas \u00e0 vous mettre \u00e0 l&#8217;aise partout o\u00f9 vous trouverez un endroit d\u00e9cent !&#8221;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Honn\u00eatement, l&#8217;endroit o\u00f9 nous avions atterri ne ressemblait \u00e0 rien du tout. Nous avons r\u00e9ussi \u00e0 nous amarrer \u00e0 une sorte de cour de pierre d\u00e9sol\u00e9e. Des portes rouill\u00e9es recycl\u00e9es et de vieux pneus us\u00e9s jusqu&#8217;\u00e0 la moelle nous ont servi de plate-forme d&#8217;accostage&#8230; Le seul signe d&#8217;espoir perceptible dans les environs \u00e9tait une tache de marguerites \u00e0 l&#8217;air fier qui s&#8217;enfon\u00e7ait la t\u00eate entre les morceaux de caoutchouc et de rouille.<\/p>\n<p>L&#8217;accent de la radio nous a ensuite demand\u00e9 si nous voulions aller sur la terre ferme, ce \u00e0 quoi nous avons \u00e9videmment r\u00e9pondu oui. Il nous a donc dit qu&#8217;il passerait en voiture pour nous fournir les documents que nous devions remplir pour entamer notre processus d&#8217;immigration. &#8220;Combien de temps cela va lui prendre pour venir jusqu&#8217;ici ?&#8221; Je me suis demand\u00e9, parce que nous semblions si loin.<\/p>\n<p>Une demi-heure plus tard, un gros blond est apparu et a cri\u00e9 &#8220;Bonjour !&#8221; de la m\u00eame voix grave que celle que j&#8217;avais entendue \u00e0 la radio. Il portait un t-shirt malgr\u00e9 le froid, des gants d&#8217;h\u00f4pital bleus, un masque \u00e0 l&#8217;air s\u00e9rieux et des lunettes transparentes comme un bouclier. Plus de 5 m\u00e8tres le s\u00e9paraient de nous \u00e0 bord, \u00e0 terre. La premi\u00e8re chose qu&#8217;il a dite lorsque nous sommes all\u00e9s sur le pont pour le saluer a \u00e9t\u00e9 &#8220;Je sais que cela a l&#8217;air absolument ridicule, mais ce sont nos nouvelles r\u00e8gles sanitaires. D\u00e9sol\u00e9 pour l&#8217;accueil bizarre en Islande !&#8221; On ne peut pas dire le contraire. Le grand \u00e9tranger p\u00e2le avait raison, cette situation avait l&#8217;air absolument ridicule, mais nous \u00e9tions arriv\u00e9s sur leur territoire, et nous n&#8217;avions donc pas d&#8217;autre choix que de jouer selon leurs r\u00e8gles.<\/p>\n<p>Il s&#8217;est agenouill\u00e9 et a plac\u00e9 les documents avec une paire de gants chirurgicaux sur le gravier humide et a utilis\u00e9 une pierre quelconque comme presse-papiers. Il a dit qu&#8217;il serait de retour dans quelques minutes et est parti. Pendant sa br\u00e8ve absence, Bernard devait mettre les gants, remplir les formulaires et les replacer sous la pierre improvis\u00e9e servant de presse-papiers&#8230; On aurait vraiment dit qu&#8217;ils manipulaient une sorte de bombe \u00e0 retardement. Une fois que Bernard a d\u00fbment accompli cette t\u00e2che p\u00e9rilleuse et qu&#8217;il est remont\u00e9 \u00e0 bord pour se mettre \u00e0 l&#8217;abri, l&#8217;agent d&#8217;immigration est revenu pour r\u00e9cup\u00e9rer les papiers et nous a inform\u00e9s que le personnel m\u00e9dical serait bient\u00f4t en route, \u00e0 quoi il a ajout\u00e9 : &#8220;Bon s\u00e9jour en Islande ! Oh, et vous pouvez garder les gants au passage&#8221; et il a disparu derri\u00e8re les marguerites.<\/p>\n<p>Je n&#8217;arrivais pas \u00e0 croire la sc\u00e8ne \u00e0 laquelle j&#8217;assistais. Bien que je comprenne et respecte totalement les mesures prises pour contr\u00f4ler la pand\u00e9mie et emp\u00eacher sa propagation, cette situation m&#8217;a un peu pinc\u00e9 le c\u0153ur. Je me sentais triste \u00e0 l&#8217;id\u00e9e que notre monde change, et pas n\u00e9cessairement pour le mieux. Ce qui \u00e9tait autrefois la poign\u00e9e de main amicale entre deux \u00e9trangers, ou l&#8217;arriv\u00e9e en douceur et excitante dans un pays \u00e9tranger, n&#8217;\u00e9tait plus&#8230; Juste comme \u00e7a, en l&#8217;espace de quelques mois, j&#8217;ai eu l&#8217;impression que notre monde \u00e9tait au bord de l&#8217;apocalypse.<\/p>\n<p>Une heure plus tard, un 4&#215;4 noir a fait son apparition et s&#8217;est arr\u00eat\u00e9 au milieu de la vaste cour de pierre. Le vent hurlait et la pluie se mettait \u00e0 tomber. Deux figures ressemblant \u00e0 des astronautes sont sorties du v\u00e9hicule et se sont lentement dirig\u00e9es vers nous au milieu d&#8217;un \u00e9pais brouillard. Cela ressemblait au d\u00e9cor d&#8217;un film d&#8217;horreur. Ils \u00e9taient \u00e9quip\u00e9s de leur combinaison de protection compl\u00e8te de la t\u00eate aux pieds, pr\u00eats \u00e0 nous pr\u00e9lever pour savoir si nous allions r\u00e9ussir ou non le test Covid-19. Apr\u00e8s un \u00e9change bref mais cordial avec les deux astronautes, suivi d&#8217;une r\u00e9union d&#8217;\u00e9quipe rapide, nous avons d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 l&#8217;unanimit\u00e9 de ne pas passer le test co\u00fbteux, car nous \u00e9tions simplement en transit. &#8220;Inutile de d\u00e9penser plus de mille dollars pour une escale de deux jours&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Paps, &#8220;nous allons rester dans la cour de pierre et visiter les \u00eeles et les glaciers \u00e9loign\u00e9s avec le canot pneumatique. Et nous reviendrons \u00e0 H\u00f6fn, quand le monde sera lib\u00e9r\u00e9 du corona&#8221;, \u00e0 laquelle je pense que nous avons tous crois\u00e9 les doigts derri\u00e8re notre dos, discr\u00e8tement&#8230;<\/p>\n<p>Les trois jours suivants n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement riches en \u00e9v\u00e9nements en raison du temps et de notre p\u00e9rim\u00e8tre restreint. Nous avons explor\u00e9 la cour de pierre \u00e0 l&#8217;envers, tent\u00e9 de nous aventurer sur un glacier massif mais nous nous sommes retrouv\u00e9s pris dans des eaux peu profondes en chemin, alors nous nous sommes content\u00e9s de quelques petites balades sur des \u00eeles inhabit\u00e9es \u00e0 la place. Le point culminant de ces journ\u00e9es venteuses a sans aucun doute \u00e9t\u00e9 l&#8217;anniversaire de Paps. Pour f\u00eater l&#8217;occasion, Paps et Bernard ont enfil\u00e9 leur combinaison de plong\u00e9e, ont travers\u00e9 la cour en pierre et se sont directement heurt\u00e9s aux vagues g\u00e9antes qui se sont \u00e9cras\u00e9es sur l&#8217;embl\u00e9matique plage de sable noir. Les voir tous les deux sauter comme des enfants au rythme de la houle n&#8217;avait pas de prix. C&#8217;\u00e9tait le spectacle d&#8217;hommes libres, \u00e9panouis et insouciants.<\/p>\n<p>Plus tard, une fois que nous \u00e9tions de retour dans la chaleur du bateau et que nous venions de terminer un des d\u00e9licieux repas maison de Laure, j&#8217;ai demand\u00e9 \u00e0 Paps par curiosit\u00e9 : &#8220;Les anniversaires sont-ils sp\u00e9ciaux pour toi, Paps ?&#8221; Il n&#8217;a m\u00eame pas eu besoin d&#8217;une seconde pour r\u00e9pondre, on voyait bien qu&#8217;il avait d\u00e9j\u00e0 r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 la question : &#8220;Les anniversaires sont de bons rappels que vous avez un an de moins pour faire encore toutes les choses que vous voulez. J&#8217;adore qu&#8217;on me rappelle que mon temps sur terre est limit\u00e9 ! C&#8217;est pour cette raison que je vis chaque jour comme si c&#8217;\u00e9tait le dernier&#8221;. J&#8217;ai ador\u00e9 cette r\u00e9ponse, alors je l&#8217;ai imm\u00e9diatement mise par \u00e9crit&#8230; et \u00e0 ce moment pr\u00e9cis, je me suis promis de toujours faire de mon mieux pour vivre le reste de ma vie avec la m\u00eame attitude.<\/p>\n<p><strong>Annika Horn<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Blog entry 3 \u2013 Arrival in Iceland &amp; Paps\u2019 Birthday\u202814th &#8211; 16th of July<\/strong><\/p>\n<p>In the early hours of the 14th of July, we finally caught sight of Iceland in the far distance. By then, we had been sailing for 4 days straight since we had left southern Ireland. I know what you\u2019re thinking\u20264 days doesn\u2019t seem like a long time, but if I may, let me attempt painting a picture of what those 4 days were like for us amateur sailors:<\/p>\n<p>You find yourself in a little aluminium capsule, endlessly bobbing up and down, left and right, traveling through space and time. If you\u2019re lucky, (or if your name is Mike Horn or Bernard Stamm), the rocking and rolling just doesn\u2019t get to you\u2026but for all the other regular human beings out there, the constant movement will quite quickly start taking control.\u2028\u2028You\u2019ve only just left the world of stability behind, but you\u2019re already starting to feel dozy. Soon enough you lose track of time and struggle to keep your food down (no matter how delicious it is). So, you opt for that horizontal position and try to distract your mind. Suddenly, even the simplest of acts turn into mountain-moving efforts. So, you close your eyes and listen to the engines\u2019 ongoing roar\u2026you feel it too, trembling beneath and everywhere around you. (The sails are usually out, but in rough conditions or in light winds, we use the engines to help with momentum.) The roar is loud, louder than the sound you\u2019re imagining right now. Add to that the high-pitched singing of the wooden walls and floorboards, bending and twisting under the pressure of the swaying vessel\u2019s aluminium armour. Thankfully you\u2019re not alone\u20269 other companions are joining you for the ride, great news, right? But in reality, as soon as you leave solid ground everyone just starts minding their own business, and friendly exchanges rapidly turn into grumpy grumbles and shoulder shrugs.<\/p>\n<p>The only place where one could say \u201creal action\u201d takes place, is in the pilot house. This is where captain Bernard maps out our itinerary based on Paps\u2019 adventurous desires; and each our turn, we amateur sailors, play our little role in ensuring that the boat remains on course, and in safety. Actually, come to think of it, a fair amount of action also takes place down in the galley, especially before meal hours. That\u2019s usually when you\u2019ll find Laure in her legendary cooking attire, hanging on to whatever she can get a hold of with one hand and stirring the boiling contents of a family-sized pot over the stove with the other\u2026vegetable soup or chicken curry splishing and splashing to the rhythm of the waves over the \u201cSophisticated, Seductive, Complex, and Full-Bodied (and the wine\u2019s not bad, either)\u201d quote decorating her apron.<\/p>\n<p>But however chaotic and unpleasant the above description may sound, journeys like these, mark you. They remind you that you are human, that you are small in the face of nature and that you still have so much to learn about the world, but above all, about yourself.<\/p>\n<p>Our arrival in Iceland was peculiar&#8230;I guess a part of me was expecting to be baffled from the first sighting of land, the way I was when we sailed into Ireland.<\/p>\n<p>But no, quite far from that&#8230;.<\/p>\n<p>Iceland is like a weary man of nature, the kind that lives in solitude in a cabin in the woods&#8230;distant and cold at first encounter, the kind you do not want to bother. It\u2019s difficult to describe, but I had a feeling this weary northern soul was a land that wanted to be approached and discovered with care and respect. An air of hostility arose from the low hanging clouds and slivers of dark volcanic rock, but something told me that was just a facade&#8230;or perhaps a forewarning destined to the incoming visitor. Brace yourself for what I have to offer, I could almost hear the landscapes whisper&#8230;<\/p>\n<p>A couple of us stepped out on deck to take in this new and foreign surrounding. We advanced in silence; I could tell I wasn\u2019t the only one attempting to decipher the tangle of first impressions we had been received with. Clearly, Iceland would get the first word\u2026and it spoke in the whistling of birds. Hundreds of them flying over and around us, and as far as the eye could see.<\/p>\n<p>According to the map, we had arrived in proximity to the small southerly town of H\u00f6fn. We were way too far to spot any houses, but large white industrial buildings could be made out in the distance\u2026fishing processing plants, apparently. A man who spoke a perfect English in a strong accent welcomed us over the radio and asked for more info. Our plan was to take shelter for a couple of days and wait out the upcoming storm before proceeding to Greenland. To which the voice responded: \u201cFeel free to make yourselves at home wherever you find a decent spot!\u201d<\/p>\n<p>Honestly, the place we had landed in looked like absolutely nothing. We managed to dock ourselves to some sort of desolate stone yard. Rusty recycled doors and old tires worn out to the core served as our docking platform&#8230;The only noticeable sign of hope in the vicinity, was a patch of proud-looking daisies sticking their heads out between the pieces of rubber and rust.<\/p>\n<p>The accent over the radio then asked if we wanted to go on land, to which we obviously said yes. So, he told us he\u2019d drive by to provide us with documents we needed to fill in order to start our immigration process. \u201cHow much time is it going to take for him to drive all the way here?\u201d I wondered, because we seemed so far out.<\/p>\n<p>Half an hour later a bulky blond-haired guy appeared and shouted \u201cHello!\u201d in the same deep voice I heard over the radio. He was wearing a t-shirt in spite of the cold weather, blue hospital gloves, a serious-looking mask and shield-like transparent glasses. Over 5 meters were separating him on land from us onboard. First thing he said when we went out on deck to greet him was: \u201cI know this looks absolutely ridiculous, but these are our new sanitary regulations. Sorry for the bizarre welcome to Iceland!\u201d One couldn\u2019t argue with that. The tall pale stranger was right, this situation did look absolutely ridiculous, but we had arrived in their turf, and thus had no choice but to play by their rules.<\/p>\n<p>He kneeled down and placed the documents along with a pair of surgical gloves on the wet gravel and used a random stone as paperweight. He said he\u2019d be back in a couple minutes and left. During his brief absence, Bernard was to put the gloves on, fill in the forms and place them back under the improvised paperweight stone\u2026It honestly looked like they were handling some sort of time-ticking bomb. Once Bernard had duly completed this perilous task and hopped back onboard to safety, the immigration officer re-emerged to collect the paperwork and informed us that medical staff would shortly be on their way, to that he added: \u201cEnjoy your stay in Iceland! Oh, and you can keep the gloves by the way!\u201d and he disappeared behind the daisies.<\/p>\n<p>I couldn\u2019t believe the scene I was witnessing. Although I wholly understand and respect the measures taken to control the pandemic and prevent it from spreading, this situation pinched my heart a little. I felt sad at the thought of our world changing, and not necessarily for the best. What used to be the amicable handshake between two strangers, or the smooth and exciting arrival in a foreign country, was no longer\u2026Just like that, in the span of a couple months, it felt like our world was on the brink of the apocalypse.<\/p>\n<p>An hour later, a black 4&#215;4 made its appearance and stopped in the middle of the vast stone yard. The wind was howling, and the rain started pouring. Two astronaut-like figures exited the vehicle and slowly made their way towards us amidst the heavy fog. It looked like the setting of a horror movie. They were geared with their full head-to-toe protective suits, ready to swab us to find out whether or not we\u2019d pass or fail the Covid-19 test. (The results would determine whether or not we\u2019d be able to visit the town.) After a brief but cordial exchange with the two spacemen, followed by a speedy team meeting, we unanimously decided against taking the costly test due to the fact that we were simply here in transit. \u201cNo point spending over a thousand bucks for a two-day layover\u201d said Paps, \u201cwe\u2019ll stick around the stone yard and visit the remote islands and faraway glaciers with the dinghy. And we\u2019ll come back to H\u00f6fn, when the world is corona-free!\u201d to which I think we all crossed our fingers behind our backs discreetly\u2026<\/p>\n<p>The next 3 days were not particularly eventful due to weather as well as our restricted perimeter. We explored the stone yard inside out, attempted to venture onto a massive glacier but got caught up in shallow waters on our way there, so we settled for some small strolls on uninhabited islands instead. The highlight of those windy days was without a doubt, Paps\u2019 birthday. To celebrate the occasion, Paps and Bernard got into their wetsuits ran across the stone yard and straight into the giant waves crushing onto the iconic black sand beach. Watching the two of them jumping around like children to the rhythm of the swells, was priceless. It was the sight of free men, fulfilled and carefree.<\/p>\n<p>Later, once we were back in the warmth of the boat and had just finished one of Laure\u2019s delicious home-cooked meals, I asked Paps out of curiosity: \u201cAre birthdays special to you, Paps?\u201d He didn\u2019t even need a second to answer, you could tell he had already thought this one through: \u201cBirthdays are great reminders that you have one year less to still do all the things you want to. I love being reminded that my time on earth is limited! It is for that reason that I live everyday like it\u2019s my last.\u201d I loved this response, so I immediately wrote it down\u2026and in that very moment, I promised myself I\u2019d always try my best to live the rest of my life with the same attitude.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Annika Horn<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Blog 3 &#8211; Arriv\u00e9e en Islande &amp; Anniversaire de Paps 14 &#8211; 16 juillet Aux premi\u00e8res heures du 14 juillet, nous avons finalement aper\u00e7u l&#8217;Islande au loin. Nous avions alors navigu\u00e9 pendant 4 jours d&#8217;affil\u00e9e depuis notre d\u00e9part du sud de l&#8217;Irlande. Je sais ce que vous pensez&#8230; 4 jours, \u00e7a ne semble pas tr\u00e8s [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":19359,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[31,362,125,365,364,361,22,141,159,49,126,363,373],"class_list":["post-19358","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-uncategorized","tag-adventure","tag-birthday","tag-expedition","tag-greenland","tag-icebergs","tag-island","tag-mike-horn","tag-mikehorn","tag-p2p","tag-pangaea-2","tag-pole2pole","tag-whales","tag-whales-project"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mikehorn.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19358","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mikehorn.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mikehorn.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mikehorn.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mikehorn.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19358"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.mikehorn.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19358\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mikehorn.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19359"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mikehorn.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19358"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mikehorn.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19358"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mikehorn.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19358"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}